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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 16:52

 

Les religions les plus représentées, celles que l’on appelle les « grandes religions monothéistes », affirment l’existence d’un Dieu infini, père de l’univers et maître des hommes. Elles prônent la prière et la reconnaissance de lois divines. Ces lois, lorsqu’elles ne sont pas de l’ordre de la nature proprement dite, concernent les hommes et se fondent sur le principe du respect d’autrui.

 

L’autre, celui que l’on doit respecter dans son intégrité, dans sa propriété, dans ses différences, c’est son prochain, « fils de Dieu ». Mais, s’il n’y a qu’un seul Dieu, il y a en revanche plusieurs livres de la Loi, qui divisent les « fils de Dieu » en autant de courants de pensé. Or, la loi de Dieu est aussi universelle que celui dont elle porte le nom et ne souffre aucune divergence. C’est pourquoi seules sont « fils de Dieu » ceux qui suivent l’unique et authentique Loi divine. Les autres sont dans l’obscurantisme ou le péché et il convient, selon la loi, de les convertir ou de les soumettre.

 

Malheureusement, à ce jour, personne n’a encore déterminé avec certitude et sans équivoque quel est le livre de la Loi authentique, dicté par Dieu. Ce dernier ne s’étant d’ailleurs pas plus prononcé.

 

Pour l’heure, chaque religion défend ses convictions dans les formes recommandées par les textes et en accord avec sa loi. C’est ainsi qu’au Pakistan, Asia Bibi, jeune femme mère de deux enfants, a été condamnée à mort pour blasphème.

Son crime est d’avoir bu à un puits et d’avoir eu l’outrecuidance de répondre à ses compatriotes d’une autre religion, qui l’accusaient de salir l’eau.

Faute de pouvoir être entendue dans son pays, sa cause devrait être défendue en France par le Quai d’Orsay, suite à la visite récente d’Ashiq Maseeh son mari.

 

Lorsque la justice d’un pays obéit à une religion, lorsque des représentants de l’état sont assassinés pour avoir défendu une personne condamnée par les autorités religieuses, alors il n’y a ni nation ni citoyen mais des croyants et des infidèles, des fils de Dieu et des mécréants. Les règles sociales, les principes économiques, les modes de vie, les libertés se concrétisent dans un espace aussi ouvert et tolérant que la bienveillance d’une religion à l’égard de la sorcellerie.

 

En France, l’état laïque reconnait le droit aux citoyens d’avoir et de pratiquer une religion, dans le respect des lois de la république. Dans ces conditions, tous les cultes peuvent être représentés en toute indépendance.

Cependant, en dépit du fait que l’état, dans sa laïcité affirmée, devrait ignorer les principes religieux, plusieurs affaires ont montré qu’il n’en est rien.

D’abord l’histoire du « voile » que certaines étudiantes portent à l’école et qui a été pointé du doigt comme une forme de négation de la république. Ce foulard qui coiffe la tête de ces jeunes femmes devrait être regardé comme une tenue vestimentaire ordinaire. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, le foulard comme couvre-chef était à la mode.

Ensuite l’interdiction des fameux signes ostentatoires d’appartenance à une religion. Nous n’avons jamais su exactement ce que signifiait « ostentatoire » dans le langage des politiciens mais surtout, on peut se demander comment un état qui se dit laïque et donc étranger à la religion peut-il, d’une part interdire des signes religieux, d’autre part prétendre être au fait de la symbolique des religions.

Enfin l’interdiction de la bourqa dénoncée comme instrument de soumission de la femme. Est-il besoin de rappeler qu’en France, les femmes sont particulièrement bien protégées contre les éventuels abus de leur mari et que ces derniers ne sauraient les contraindre sans risquer de se retrouver devant la justice si celles-ci portaient plainte. Il est donc, une fois de plus, abscond de dire que l’état est fondé d’interdire une tenue vestimentaire, dès lors que cette tenue ne porte pas préjudice aux autres citoyens.

 

Les religions se sont toujours combattues ou du moins ardemment concurrencées. Si le respect de l’autre est généralement prôné, il se trouve des intégristes pour défendre et imposer leurs convictions dans la violence et la destruction. L’histoire d’Asia Bibi en est un témoignage.

Du point de vue politique, les états qui se lient de près ou de loin à la religion, sont, de fait, soumis à des gouvernances arbitraires. Pour sa part, la laïcité garanti la même justice pour tous selon des lois neutre vis-à-vis des religions.

Nonobstant, laïcité de l’état ne veut pas dire laïcité des citoyens. C’est pourquoi l’obédience religieuse des uns et des autres doit pouvoir exister mais s’exprimer dans le cadre du strict respect des règles laïques de la république. Tout contrevenant aux lois de la république doit être condamné, quand bien même il aurait agit en accord avec les lois de sa religion. En conséquence, l’état n’a nul besoin de se mêler de ce qui ne le regarde pas.

 

La laïcité de l’état est une condition majeure de la démocratie et de la justice équitable. Cependant, elle peut être perçue comme la négation de la religion. C’est pourquoi l’état ne doit jamais se mêler de religion mais doit faire respecter les lois laïques avec fermeté. L’observation de ces principes constitue la garantie, pour tous, du droit à la liberté de penser selon ses convictions et dans le respect des autres.

 

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