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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 14:30

 

Depuis son entrée dans l’Europe, en 1981, la Grèce à bénéficié de subventions colossales. En 30 ans, l’état grec a perçu 230 milliards d’euros, soit l’équivalent de son PIB actuel. Déjà, dans les années 80, les européens s’étonnaient du gouffre financier que représentait l’aide prodiguée à ce nouveau partenaire. Il s’agissait de positionner l’économie grecque au niveau de l’Europe des 9 (Allemagne, Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni).

 

Cependant, les grecs n’ont jamais utilisé ces fonds pour développer leur économie. L’argent coulait à flot et comme souvent, lorsque la manne providentielle est récoltée à profusion et sans effort, l’argent a été utilisé à d’autres fins. Plusieurs scandales, par le passé, ont montré comment les particuliers, les entreprises et les politiciens ont détourné les aides européennes au profit d’intérêts personnels.

 

Parallèlement, la corruption a miné l’état. Les politiciens et fonctionnaires ont favorisé l’accès de certaines personnes à des postes privilégiés au sein du service public. Aujourd’hui, la Grèce compte près de 25% de fonctionnaires parmi les actifs. Une fonction publique pléthorique et corrompue.

 

Au fil du temps, la crise s’est installée et a culminé lorsque l’on a appris que Kostas Karamanlis, ex-premier ministre grec, avait menti sur l’importance du déficit budgétaire de son pays. La zone euro, créancière, en a subit les conséquences et il a fallu réagir rapidement. Dans un premier plan de sauvetage, discuté l’an dernier, la Grèce s’est vue octroyer par l’Europe 110 milliards d’euros. Cela n’a pas suffi et un deuxième plan a du être envisagé. Face aux réticences des états membres et notamment de l’Allemagne, le premier ministre, Georgios Papandreou, déclarait récemment qu’il était temps pour l’Europe de se réveiller et de trouver une solution à la dette abyssal grecque qui gangrène la zone euro. Quelle audace !

 

La France, en particulier le secteur privé, est la première concernée par la dette grecque. Aussi, N. Sarkozy s’est personnellement investi pour convaincre la Communauté de la nécessité de ce deuxième plan de sauvetage. C’est ainsi que le 21 juillet dernier, un accord entre les dirigeants européens, réunis à Bruxelles, a été trouvé sur la base d’un nouveau prêt de 109 milliards d’euros, supporté à hauteur de 59 milliards par le secteur privé. L’état français, prend à sa charge 15 milliards d’euros.

 

Qui va payer ?

Philanthropie ne rime pas avec finance et il faut être bien conscient que c’est encore le petit peuple qui paiera la facture sans, bien entendu, bénéficier en retour des intérêts produits.

 

Dans ce monde des affaires, de la politique et de la haute finance, nous ne sommes que des pions. Les tsars, dit-on, jouaient leurs moujiks aux cartes. Nous sommes ces moujiks.

L’affaire Kerviel nous a montré qu’un employé, sous la responsabilité et le contrôle de sa hiérarchie, peut être traduit et lourdement condamné devant le tribunal correctionnel pour avoir fait perdre 5 milliards d’euros à la banque qui l’employait. Dans la crise de la dette grecque, ce sont des centaines de milliards d’euros qui sont en jeu et, en dépit de la responsabilité avérée de politiciens véreux aucune action en justice n’est envisagée. Il convient, dès lors, de constater que ce ne sont pas les créances qui sont pourries mais bien ceux qui les ont produites.

 

En France, les dérives sont les mêmes : Surpopulation de fonctionnaires, gaspillage de l’argent publique, privilèges, déficit budgétaire colossal qui ne cesse d’augmenter chaque année (pour 2011 : 1 646 milliards d’euros de dette, 50 milliards d’euros d’intérêt et un déficit public de 150 milliards d’euros), surimposition, iniquité entre contribuables, etc. Combien d’affaires, dans lesquelles la responsabilité de l’état était engagée, ont fait l’objet de remboursement par les contribuables (Carrefour du développement, Crédit Lyonnais, Urba, Péchiney, Elf, etc.) ; sans parler des affaires plus modestes (HLM de Paris, Emplois fictifs,  marchés publics truqués, Corys SA, Bettencourt, etc., etc.). La liste est très longue et montre à quel point, pour beaucoup, faire de la politique, c’est avant tout faire des affaires malhonnêtes, sans être inquiété outre mesure.

Est-ce citoyen que de ne rien dire ? Sommes-nous vraiment dupe des manœuvres et des mensonges des politiciens ? Ce système politico-financier-juridique, qui sert et protège des parasites, doit-il continuer de nous spolier ?

 

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commentaires

ahçaira 27/07/2011 02:34


Lorsque j'ai lu l'entame de votre article, j'ai été bougrement intéressé.
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs ». Robespierre (Extrait de Lettre à la Convention
nationale)

Car cette citation remet du sens dans notre quotidien, nous appelle à reprendre notre liberté, à nous affranchir d'un pouvoir.
Hier, c'était la monarchie, aujourd'hui c'est l'oligarchie !
La question , que vous n'abordez pas est : y parviendrons-nous par les seules élections et le suffrage universel ?
Honnêtement, j'en doute, j'évoquerai seulement deux points.

D'une part, la Constitution, notre constitution a été régulièrement modifiée ces dernières années sans consultation du peuple.
Quels sont les politiques qui ont protesté, refusé de voter ces modifications, encore dernièrement avec le retour à l'équilibre du budget.
Donc, les citoyens, le peuple est aujourd'hui très mal représenté !
D'autre part, le référendum de 2005 a conduit notre peuple à rejeter majoritairement le TCE. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Certes, il y a eu depuis le congrès de Versailles où députés (élus en direct) et sénateurs (choisis par leurs "pairs") ont défait allègrement ce que le peuple avait fait,
avec une infime minorité de non, de refus de voter ou de refus de siéger, seuls comportements donnant sens à une démocratie.
Donc, les citoyens, le peuple est aujourd'hui très mal représenté !

Quels intérêts représent donc ces élus ? Ceux de l'oligarchie, dont ils font d'ailleurs partie, pour leur plus grande majorité :
car ils se servent de la démocratie pour se goinfrer et soigner image de marque et carnet d'adresses, la politique n'étant qu'un tremplin pour leur "carrière" !
Il nous faudra nécessairement une nouvelle Constitution qui fera la part belle au peuple et non aux oligarques !

Ne pas faire d'amalgame entre d'une part le public donc l'État dirigé par un gouvernement et surtout un président aujourd'hui et d'autre part le service public !
Le service public : des fonctionnaires censés servir l'intérêt général, non partisans et au service du peuple, dont des plus faibles.
Vous avez raison, le service public aujourd'hui prend l'eau et n'est plus en mesure d'assurer les missions pour lesquelles il a été créé.
Faut-il le supprimer ? Se passer de ces millions de fonctionnaires qui pèsent sur la dépense publique ?
Je suis fonctionnaire dans une administration qui a fermé ses portes au public, il y a deux ans : tout un symbole !
Les citoyens qui financent ce service n'ont plus le "droit de cité" : interdit au public, c'est marqué sur la porte de chaque établissement,
en métropole comme dans les Dom-Tom ! Mieux, de nombreux "services" sont devenus payants pour des collectivités territoriales, elles-mêmes financées par les citoyens !
UBU est roi aujourd'hui en France !
Au fait qui paye majoritairement impôts et taxes dans ce pays ? Les pauvres, les modestes et les moyens : car la fiscalité n'est plus progressive...

Je vois que vous êtes gagné par les chantres du néolibéralisme : ils sont à l'oeuvre dans ce but depuis les années 1980 avec une accélération récente, à droite comme à gauche,
bien valorisés dans l'UMP-PS.
Leurs chevaux de Troie sont des abréviations : LOLF, RGPP... pour casser le service public, casser nos caisses sociales en amoindrissant la part de notre salaire qui y est consacré
L'Europe (néolibérale), qui n'est pas l'Europe des peuples, qui décide et oriente en dehors de la démocratie, pousse à aller bien plus loin
en agitant l'étendard de la concurrence libre et non faussée quand elle fait dans le même temps le lit des grands monopoles internationaux
dont la motivation essentielle est la course au profit eu dehors des peuples comme de l'écologie d'ailleurs.

Reprenons nos affaires en main, il en est toujours temps, touchons Terre, cessons de nous intéresser à leur bazar !
Je vous invite très simplement à regarder où va chaque année notre richesse nationale, comment elle est répartie,
D'où vient-elle ? Du travail des salariés ? Dans quelles poches va-t-elle ?

Faisons donc plus ensemble, pour le public : des coopératives, par exemple ; l'économie sociale et solidaire nous montre la voie.
Un véritable service public en dehors des marchés et des banques pour les énergies, l'eau, les transports, soucieux tant des humains que de notre environnement.
Des coopératives pour le reste des activités dites privées, privant d'emploi serait plus juste...

C'est possible au niveau d'un pays, encore possible dirai-je.
Un article, paru le 26 juillet sur Agoravox, lève un coin du voile en abordant le sens du mot fraude, ce qu'il recouvre.
Je m'arrête pour ce soir car mon quotidien s'appelle résister et faire ensemble autrement là où je vis,
vivre simplement au quotidien avec les miens, ma famille et mes amis, en gardant les yeux ouverts et le sourire.
Merci d'avoir écrit, cela m'a donné envie de réagir directement sur votre blog que j'ai donc parcouru avant d'écrire à mon tour...


France-humaniste-rebelle 27/07/2011 22:46



Merci tout d’abord pour ce long texte, que j’approuve sans aucune réserve.


Je dois mal me faire comprendre car je ne suis pas néolibéral. Ceux qui ont posté leur avis sur
AgoraVox au sujet de mon article, se focalisent sur le thème des fonctionnaires, que j’aborde entre autre,  et le rapproche du discours de N. Sarkozy
sur la « Règle d’or ». Mon article pointe la cupidité, la corruption et la démagogie. Quant à la fonction publique, je pense que dire que les fonctionnaires sont trop nombreux et qu’ils
nous servent mal n’est pas usurpé.


Je suis si attaché au service public, que je fustige les fonctionnaires, sans distinction de
niveau hiérarchique, qui ne sont là que pour les avantages qu’ils en tirent. En effet, ce n’est que grâce à la solidarité et à l’entraide que les peuples pourront avancer. Par ailleurs, l’accès à
la santé, l’alimentation, l’éducation, la sécurité, le logement, l’énergie, la communication, est un droit pour chacun quelque soit sa condition.


Les inégalités sont partout et à tous les niveaux économiques et sociaux, tout simplement parce
que les hommes sont ainsi : Il y a les justes et il y a les profiteurs. Point de vue manichéen certes mais fondamentalement vrai. Je pense subitement à Nigel FARAGE, député au Parlement
européen, qui n’a pas sa langue dans sa poche…



Concernant nos gouvernements et la gouvernance, vous avez raison de dire que nous ne les maîtrisons pas et qu’il est temps de rendre au peuple la liberté et le pouvoir. Il y a beaucoup de débats
sur le net et chacun donne son avis mais à quoi cela sert-il puisque le peuple n’a pas les moyens de mettre en œuvre sa vision de la politique. Cette mise en œuvre nous a été confisquée depuis
toujours et plus encore aujourd’hui. Les partis politiques, qui sont de véritables filtres à candidatures, sont hélas incontournables (j’ai écrit un article sur le sujet
dans ce blog). Alors, pour ne pas mettre la charrue avant les bœufs, il convient d’abord de récupérer le pouvoir et ensuite nous pourrons débattre utilement de politiques. De fait, ce n’est pas
par le biais des élections que nous y parviendrons. Avez-vous, vous, une solution ?